Rail Miniature Flash
59 ans de passion

L'équipe en 1972, de gauche à droite Jacques Bourel, Paul Stahl, Bernard Renaudot et Jacques Mériat.
L’équipe en 1972. De gauche à droite : Jacques Bourel, Paul Stahl, Bernard Renaudot et Jacques Mériat.

Depuis 1962, Rail Miniature Flash vous informe, vous conseille et, nous l’espérons, vous fait aimer chaque bimestre le modélisme ferroviaire et ses multiples facettes qui, au  travers des milliers de réalisations d’amateurs comme vous, partagent leur bonheur par la pratique d’un hobby merveilleux : le train miniature. Rail Miniature Flash a été et reste une «aventure passionnante» avec ses bonheurs et ses vicissitudes. Si l’équipe du début n’est plus, une autre est bien là et a repris le flambeau avec le même enthousiasme et la même passion ! C’est cette belle histoire que nous narrent Paul Stahl, qui a participé à la création et dirigé avec bonheur cette entreprise pendant les trente premières années, et Jean Pierre Laurent qui a pris sa relève.

1962-1971 : la naissance … et les premiers pas

C e sont dans les premiers jours de 1962 qu’apparait dans les kiosques un magazine à la couverture agrémentée des sigles des principales compagnies de chemins de fer et des drapeaux nationaux correspondants. «Rail Miniature Actualité» est son titre. Louis Lavignes, détaillant-spécialiste en trains miniatures sous l’enseigne du RMA, en est le fondateur et recrute, parmi les clients de son magasin, les membres de son comité de rédaction, qui compte même un député et une représentante du beau sexe, qui tint une éphémère rubrique féminine «Wagon-restaurant».
Lancée fastueusement au cours d’une mémorable réception dans les salons de l’Hôtel d’Orsay en Décembre 61, cette nouvelle revue de modélisme, sous-titrant «Organe de liaison des amateurs HO et TT» (Le N n’était pas encore né !), s’annonce comme une publication différente, libre et indépendante, ne craignant pas de critiquer et de conseiller sans aucun esprit commercial. Dans son premier numéro figurent déjà des rubriques phares, inédites dans le domaine de la presse ferroviaire miniature d’alors, comme «Actualité sur les rayons» et «Chronique du lecteur», qui seront vite accompagnées de bien d’autres, toutes aussi originales, telles «Du réel à la miniature», «ABC du débutant», «Transformations-Améliorations», …
En mai de cette première année, changement de titre imposé par une réglementation tatillonne, et Rail Miniature Actualité devient Rail Miniature Flash, pour ne pas être considéré par l’administration comme un « house organ » du RMA en raison de l’identité des initiales.

A peine né, Rail Miniature Flash faillit disparaître à jamais, une mauvaise estimation des possibilités du marché ayant eu raison des capacités financières de l’éditeur. C’est grâce à l’audace de quatre amateurs que le naufrage est évité. N’y connaissant rien à l’édition, ni aux arts graphiques, ils n’hésitent pas à casser leur tirelire pour constituer, en Mars 1963, la Société des Editions Flash. Ils ont pour noms Jacques Bourel, Jacques Mériat, Bernard Renaudot et Paul Stahl, qui signent «L’Equipe». A cette époque, pas de pignon sur rue : un siège social domicilié à une simple boîte postale, en fait de secrétaire le recours aux épouses, et, comme bureau, la chambre du fils de l’une d’elles (pensionnaire, donc fort opportunément absent la semaine !), avec pour tout meuble professionnel un simple classeur à 4 tiroirs.
C’est alors qu’une sage politique de réduction des coûts conduit à ramener le format de la revue au classique 21 x 27, le A4 n’étant pas alors le «standard» des magazines. Par contre, pas d’économies sur le contenu, bien au contraire, et ce sont les magistraux «Du réel à la Miniature», la saga de l’ABC d’électricité de Jacques Bourel et le roman fleuve du «Parc Vapeur Français» de Roger Dorez, dont un premier sondage d’opinion (une autre spécialité Rail Miniature Flash) confirme l’intérêt des lecteurs.
1964 voit apparaître la page belge de J.M. Ledeganck, alias D. Thielemens, qui deviendra vite «Ici Bruxelles».

59 ans de progrès

C’est également la première fois que l’Equipe visite la Foire de Nüremberg et naît ainsi la tradition du reportage annuel de cette grande manifestation internationale.
Alors que le graphisme du titre se modernise, Claude Poli se révèle avec un ABC, qui donnera par la suite naissance aux «Cahiers du train miniature», et qu’apparaissent les premiers «En visite chez …», qui nous emmènent chez les grands constructeurs d’alors.

Mais le grand événement de cette troisième année d’existence est, sans aucun doute, le premier Rail Miniature Show, le précurseur, en quelque sorte, du Salon de la Maquette d’aujourd’hui. Fallait-il être audacieux pour mobiliser, en plein Paris, les quatre étages de l’un des plus grands magasins de vêtements pour hommes et y présenter, pendant tout le mois de Décembre, huit réseaux en fonctionnement des plus grandes marques européennes, avec Jean-Claude Brialy en vedette.
Fort du succès, récidive un an plus tard, mais cette fois boulevard de Sébastopol, et c’est cette même année que la rubrique «En visite chez …» s’étend aux détaillants-spécialistes, avec pour but de mieux faire connaître et comprendre de ses clients une profession indispensable au développement de la pratique du train miniature. Dans le même ordre d’idée s’ouvrent les pages publicitaires «Les spécialistes du Train Miniature» et «Les Détaillants-distributeurs» permettant aux plus modestes de se manifester.
C’est également en 1965 que le compte-rendu de la Foire de Nüremberg s’étend pour la première fois sur deux numéros, tandis que René Delie assure le reportage des deux sessions de celle de Leipzig.
En Avril, apparait le sigle RMF, dû au talent d’Albert Rabet, auteur également des dessins de têtes de rubrique. Ce même mois, la progression de la revue permet, enfin, de nous attacher une collaboratrice à temps complet et de disposer d’un bureau digne de ce nom, sis au 11 de la rue des Petites Ecuries, dans le 11 ème arrondissement.
En 1966, le 50ème numéro annonce une nouvelle couverture, signée également Albert Rabet, et RMF se hisse au niveau international en recevant une délégation d’amateurs américains, comptant le célèbre John Allen et le non moins célèbre William K. Walthers au fameux catalogue universellement connu. De tels contacts se renouvelleront régulièrement par la suite, ce qui nous a permis de connaître et d’apprécier le regretté Linn H. Westcott, l’éditeur de Model Railroader.
1967 voit la naissance de la première publication hors revue. Il s’agit d’un modeste opuscule signé Claude Poli, épuisé dès sa sortie et réimprimé immédiatement.

Les bureaux en 1966 au 3, rue de Palestro, près du quartier des Halles à Paris.

Les bureaux en 1966 au 3, rue de Palestro, près du quartier des Halles à Paris.

Cette même année, un premier scoop (une spécialité RMF) révèle la prochaine naissance de la télécommande Jouef.
Février 1968, évènements en cascade : le tirage de RMF atteint les 10 000 exemplaires, le premier «Nüremberg avant-première», (une autre de nos spécialités) et le transfert du bureau au 3 de la rue de Palestro.

La collaboration avec Jouef

Plans et décors de réseaux Jouef
Plans et décors de réseaux Jouef, une réalisation RMF en pages centrales du numéro de février 1968.

Entre RMF et Jouef cela a été une longue histoire. Dès les débuts, l’équipe a été convaincue du rôle extrêmement important que le constructeur jurassien allait jouer. Il ne faut pas oublier que la petite 020 des débuts a été vendue à plus d’un million d’exemplaires. Du jouet de bazar au modèle reproduisant fidèlement le réel, l’évolution était possible. Notre premier contact remonte à la Foire de Nuremberg de 1964. Jouef y avait un stand installé dans une petite pièce au fond d’un couloir qu’il fallait trouver. Ce fut notre premier contact avec Georges Huart, le fondateur de la firme, qui commença par dire qu’il ne connaissait pas RMF pour nous reprocher en nous quittant d’avoir préféré dans un récent numéro la BB 9200 de Lima à la sienne ! Au cours des entretiens ultérieurs, Georges Huard s’est rapidement aperçu que les membres de l’équipe, occupant «dans le civil» des postes de responsabilité dans des sociétés renommées, n’avaient rien de l’amateur «intégriste» totalement ignorant des impératifs industriels. Une véritable collaboration s’est alors établie. Elle prit la forme au début de dialogues périodiques au cours desquels nous jouions les ingénieurs conseils. C’est ainsi que, à la suite de l’un de ces entretiens, Georges Huard décida de «mettre à la poubelle» (ce sont ses propres termes) ses boîtes d’alimentation et leurs sous-stations rhéostatiques aux cellules redresseuses capricieuses.

Puis, ce furent une consultation régulière sur le choix des nouveaux modèles, la participation à l’élaboration du catalogue annuel, la réalisation de plans de réseaux et de divers opuscules, la formation de l’équipe de vente au Jouef Matic, etc. Un autre temps fort de cette collaboration exemplaire a été le rôle d’entremetteur du mariage avec Porte, alors que jusque-là la gamme des bâtiments à construire était constituée de productions d’origine allemande, plus ou moins bien francisées. Notre collaboration avec Jouef cessera lorsque Georges Huard cédera sa société. En effet, avec les nouveaux repreneurs tout était différent et leur façon de travailler, comme celle de recourir à un journaliste de radio pour présider à l’élaboration du catalogue, nous a immédiatement convaincus que Jouef s’engageait sur une mauvaise voie, ce que l’avenir confirmera malheureusement. A noter que RMF a été également consulté par d’autres constructeurs, notamment par Hornby-acH0 concernant son block System et Rivarossi pour le choix de la 030 Bourbonnais, premier modèle français de la marque.

Aujourd’hui la collaboration continue, grâce à des auteurs intervenant comme consultant et documentaliste.

Peu de temps après, nouveau scoop : c’est le Bloc-Système Hornby qui est cette fois-ci révélé.
1969 sera, elle aussi, une année fertile en innovations avec l’édition des «Fiches Techniques», l’attribution de la «Roue d’Or» à Fleischmann et Rivarossi et une campagne en faveur des Détaillants-Spécialistes, dont les vitrines s’ornent de la vitrauphanie RMF en forme de plaque de locomotive à vapeur. Ce sont encore, la participation à l’extraordinaire exposition RTL du Bourget «Les plus beaux jouets du monde» et, autre première, une table ronde inédite réunissant un constructeur, un détaillant et un amateur.
En 1970, parution du premier recueil de plans «Votre réseau» de Michel Clément, tandis que, dans les éditions de novembre et décembre de la revue, sont encartés respectivement les deux premières numéros de «Jouer Informations», à la rédaction desquels l’Equipe a apporté sa collaboration.
Janvier 1971, 100ème numéro et le jour de l’an, c’est RMF qui assure une émission radio à une heure de grande écoute sur France-Inter. En mai, la couverture offre un nouveau look avec une couleur de fond qui changera chaque mois de façon cyclique.

1972-1981 : l’adolescence … et la montée en puissance

1972, RMF a 10 ans, l’âge de raison, et poursuit inlassablement sa promotion, cette fois-ci en participant à la Foire de Paris. Comme certains numéros anciens sont épuisés, quelques articles phares sont proposés en photocopie dans une rubrique intitulée «Le documentaliste RMF vous suggère».

Cette décennie sera celle des premières grandes manifestations publiques du modélisme ferroviaire avec, en 1973, la célèbre exposition parisienne de la rue de Saussure (la première parisienne du genre depuis plus de 10 ans !) et celle du congrès FFMF de Lyon, où le stand RMF a été dévalisé à un point tel qu’il a fallu nous battre pour garder notre chemise !

Dans la revue, début de la série des transpositions de gares par Claude Poli et, encore une première avec, en couverture, une photo en couleurs saluant la sortie de la 231 K 82 de Jouef.

1974, intense activité hors revue avec la réédition du recueil de plans de réseaux de Michel Clément et, surtout, la sortie de l’ouvrage de Claude Poli «La construction du réseau».

En Décembre, apparaît une nouvelle signature, celle de Jean-Louis Audigué, alors président de Rail 86 qui, en nous invitant à la sympathique réunion de fin d’année de son club, n’imaginait peut-être pas que cet évènement était le point de départ d’une aventure, qui allait le conduire à la tête de la FFMF.

Depuis maintenant presque 50ans, je lis Rail Miniature Flash ! Une des raisons est que j’y ai toujours trouvé une information objective sur des thèmes originaux et les matériels roulants avec en complément un condensé de techniques faciles à utiliser. Que de fois face à un projet trop alambiqué, j’ai renoncé. Dans Rail Miniature Flash, tout est toujours expliqué simplement et de manière concrète et j’ai enfin bricolé mes matériels roulants en suivant les conseils avisés de Bernard Ciry. Longue vie à Rail Miniature Flash dans sa nouvelle formule.

Olivier Gorce

Abonné depuis le numéro 102

Date de création

numéros

articles

RMF et le Show bizz

Lorsque le téléphone sonne et que votre correspondant vous dit : «Ici Charles Ritz de l’Hôtel Ritz. Je vous invite à venir visiter mon réseau place Vendôme à Paris… vous croyez que c’est une blague ! Eh bien, ce n’en était pas une et ce fut pour moi l’occasion de pénétrer dans ce prestigieux établissement. Au dernier étage, installé dans deux chambres un très grand réseau Märklin au décor italo-suisse, région d’origine de la famille Ritz.
Une autre fois, mon correspondant était un important négociant en textile chez qui aussi se trouvait un important réseau H0. Souhaitant le rendre visible au public et ne disposant pas de place suffisante pour son extension, il avait envisagé de l’installer sur le quai d’une station de Métro désaffectée. Malheureusement, son projet n’a pas pu aboutir. Autres réseaux de vedettes, celui de style américain du musicien Claude Bolling et celui que Jean Richard (photo ci-contre) avait monté dans son parc l’attraction de la «Mer de Sable» d’Ermenonville, une installation en matériel Fleischmann ouverte au public.
Autres personnalités adeptes du modélisme ferroviaire que nous avons rencontrées le jazzman Claude Luter, le chef d’orchestre Jerry Mengo, l’animateur de radio et de télévision Fabrice et le scientifique Henri de France, l’inventeur du procédé de télévision SECAM. Nombreuses ont été nos visites chez les collectionneurs mais qui dans leur grande majorité nous ont demandé de préserver leur anonymat de crainte d’être cambriolés. Néanmoins, nous pouvons citer la collection toutes échelles du Comte Giansanti Colluzzi, fondateur de la marque Fulgurex, occupant deux étages de son domicile de Lausanne et celle, presque exclusivement de «Brass models» américains d’Alessandro Rossi, fondateur de Rivarossi, installée dans son château de Côme en Italie.
Au cours de nos déplacements tant en France qu’à l’étranger, nous en avons visité des réseaux et des collections qu’il nous est impossible d’énumérer mais qui nous ont prouvé que le virus du modélisme ferroviaire atteignait toutes les classes sociales et d’âge.

Pour Rail Miniature Flash, ce fut la prise de conscience du rôle essentiel des associations et de la nécessité de leur apporter le soutien qu’elles méritent.
Le recueil de plans de Michel Clément étant vite épuisée, malgré plusieurs réimpressions, l’auteur «pond», en 1975, «Réseaux HO-N», une version inédite proposant «autre chose qu’un ovale». En Décembre, deuxième photo de couverture en couleurs avec la 230 Etat de Dennis Allenden, amateur américain d’origine anglaise, l’un des plus «prestigieux» de notre temps.
Mettant en œuvre une action en faveur des clubs, Rail Miniature Flash ouvre largement ses colonnes pour assurer le succès du congrès FFMF 1976 de Châtellerault qui, de nos jours, est encore considéré comme un modèle du genre. Toujours dans le même ordre d’idée, première de la rubrique «Au service des clubs». Ce ne sera pas la seule nouvelle car, à peu près en même temps, apparaissent «Lu dans la Presse» et, surtout «En Bref», qui donnera plus tard naissance à «Magazine».
Cette même année de l’âge d’or du train miniature français voit le compte-rendu de Nüremberg occuper, pour la première fois, la totalité du numéro de Mars, avec un «revenez-y» dans celui d’Avril pour traiter des nouveautés dans le domaine du décor. Cette vitalité du modélisme ferroviaire se confirme de façon éclatante lors de l’exposition organisée par la SNCF en gare de Paris-Bastille. L’affluence y est telle que le stand Rail Miniature Flash recule au fil des heures sous la pression de la foule, ceux qui le tiennent finissant les journées adossés à la paroi du fond (sic).

En 1977, deux nouveaux talents se manifestent dans Rail Miniature Flash : Alain Pras, qui fait ses premiers pas dans le monde du modélisme ferroviaire avec un article sur un abri de quai (qui se retrouvera ultérieurement au catalogue MKD), et Daniel Puiboube, l’auteur notamment du «Train miniature en 10 leçons», avec sa rubrique «Les maquettes d’un soir».
Cette même année verra la sortie du tout premier Cahier du train miniature, «La conception du réseau», signé Claude Poli.

1978, changement de couverture : les sigles de compagnies de chemins de fer disparaissent et trois photos l’illustrent. Apparition de la quadrichromie et d’une couleur d’accompagnement dans les pages publicitaires. Deux autres auteurs se révèlent dans le courant de cette année : Jean-Pierre Laurent, et ses «Week-end maquettes», et Jacques Poré, avec son cirque. Enfin, sortie du deuxième Cahier du train miniature, «Voie et bâtiments», également signé Claude Poli.

Rail Miniature Flash se sent à l’étroit rue de Palestro et recherche un local complémentaire. Nos petites annonces prouvent déjà toute leur efficacité, car cette annexe sera vite trouvée rue de la Roquette (à deux pas de chez Clarel), grâce à un lecteur !
Le troisième Cahier du train miniature, «Le décor du réseau», toujours et encore de Claude Poli, paraît en 1979, année importante s’il en est, avec la prise de décision de la tenue de la première exposition du modèle réduit. Bien entendu, RMF participe aux réunions préparatoires de cette manifestation, le futur Salon de la maquette et du modèle réduit.

La promotion du train miniature

L’un des premiers objectifs de l’équipe RMF a été de sortir le modélisme ferroviaire de sa quasi clandestinité car, à l’époque, il était considéré comme un hobby de demeuré et lorsqu’on le pratiquait, bien souvent on s’en cachait ! Il fallait donc le faire connaître du grand public. Il fallait être audacieux pour exposer en plein Paris, juste derrière l’Opéra, dans les quatre étages du Magasin Thierry, des réseaux de trains miniatures des plus grands constructeurs européens. Cette exposition fut inaugurée par Jean-Claude Brialy qui venait de tourner le film «Un monsieur de Compagnie» dans lequel il incarnait un amateur de chemins de fer réels et miniatures. Cette opération fut répétée ensuite dans le magasin Sigrand, boulevard Sébastopol en plein coeur du quartier des Halles.
C’est par la suite le salon de la Maquette et du Modèle réduit qui assurera le relais de ces opérations de promotion du train miniature et RMF participera à toutes ses éditions. De même avec d’autres expositions comme Expométrique puis Railexpo.
A l’occasion des 25 ans du TGV en 2006, la SNCF approcha RMF pour organiser une animation autour du modélisme en lien avec les records du TGV. Ainsi naquit l’idée de reproduire au 1/87ème les 2 records de vitesse à 384 km/k et 515,3 km/ et le record longue distance de 1 067,2 km Calais – Marseille. Bernard Ciry et Arnaud Guyon réalisèrent un anneau de vitesse de 15m et des rames TGV Jouef dopées pour l’occasion pour reproduire ces records lors des festivités organisées par la SNCF place du Trocadéro.

1980, 200ème numéro et publication du troisième recueil de plans de réseaux de Michel clément, qui couvre toutes les échelles, du Z au II. Trop à l’étroit, Rail Miniature Flash double la surface de ses locaux en prenant possession de l’étage au dessus. Succès incontesté de la première Exposition du modèle réduit, qui se tient au CNIT et non à La Bastille comme initialement prévu.
Activité intense côté éditions en 1981, avec le quatrième Cahier du train miniature, «La signalisation» de Dominique Thébaudeau et Bernard Renaudot, et la réédition du Cahier n°3. Dans le numéro de Décembre, Jean-Pierre Laurent, futur rédacteur en chef, débute la série de ses planches de découpages, tandis que la couleur d’accompagnement fait son entrée en partie rédactionnelle.

1982-1991 : l’âge adulte … jusqu’au mariage!

1982 sera surtout marquée dans l’évolution de Rail Miniature Flash par l’apparition de la couleur en pages intérieures. Ce sera également l’année de la création des rubriques «Troc de truc» et «Calendrier des manifestations». Un nouveau sondage d’opinion trouvera sa prolongation en 1983 avec les premiers pas d’un «Argus de l’occasion».
Dans les pages publicitaires de 1984, figure une annonce pour l’ouvrage de Clive Lemming «Trains et modèles de trains» aux Editions Weka : prémonitoire ?

1985 voit la sortie du 5ème Cahier du Train Miniature «Comment concevoir un réseau de chemin de fer miniature et réaliser son infrastructure», signé encore et toujours Claude Poli, et la révélation de deux nouveaux talents : Roger Walraevens et le Docteur Ho N’Tchou. Evolution permanente avec «Dernière minute» qui, de notule de «En bref», devient rubrique à part entière.

Quant au «Calendrier des manifestations», il prend, en 1986, sa forme chronologique actuelle, sans laisser supposer qu’il deviendra très rapidement « la » référence imitée, mais jamais égalée. De même, «En bref», trop à l’étroit, donne naissance à la rubrique «Magazine», afin d’apporter davantage d’informations sur la vie de notre hobby et de ses différentes parties prenantes. La revue adopte une nouvelle maquette de mise en pages, tandis qu’est publié le «Guide du décor» de Jean-Pierre Laurent.
Encore bien des événements en 1987 dans la vie de Rail Miniature Flash avec sa participation, pour la première fois, au Salon du Jouet, le renouveau de la rubrique «Ici Bruxelles», l’apparition au 8eme Salon de la maquette et du modèle réduit de l’autocollant «J’aime le train, je lis Rail Miniature Flash», et enfin, sur un plan plus pratique, la généralisation de l’utilisation de l’informatique, tant pour la gestion des abonnés, que pour la comptabilité et, surtout, pour la rédaction et la mise en pages de la revue.

 

 

En visite chez les constructeurs

Dans son désir d’entretenir les meilleures relations possibles avec les constructeurs, l’équipe RMF décida de consacrer ses vacances à la visite des grands producteurs d’outre-Rhin. Partis à deux voitures avec épouses et enfants, nous rendîmes visite à Faller, Märklin, Kibri, Vollmer, Fleischmann et Trix chez qui nous avons été accueillis très chaleureusement. Une fois rentrés, de la richesse de nos entretiens, est née l’idée d’en faire profiter les lecteurs à travers la rubrique régulière «En visite chez…», qui fut étendue à d’autres constructeurs comme Jouef, Hornby, LGB, Rivarossi, Fulgurex ou encore Gérard Tab. Par la suite, ce sont chez les plus célèbres détaillants spécialistes d’alors que nous nous sommes rendus, ce qui nous a valu de chaleureuses soirées chez Allard «Au Pullman», La Maison des Trains, Le Pélican, Baby-Train (Jacques Perrin), Clarel (Pierre Venant), Tous les Trains Froment etc.

1988 nous revoit au Salon du Jouet, tandis que se découvrent deux nouveaux talents : V.S. Roseman, un amateur américain francophile, aux extraordinaires photos de trains miniatures, plus vrais que des réels, et Thierry Marchand et la toute nouvelle rubrique de l’Echelle G, une première dans le domaine de la presse spécialisée et qui sera même l’objet de piratages! Autre nouveauté avec l’ouvrage -La signalisation mécanique unifiée» de Dominique Thébaudeau, une co-édition MKD/Rail Miniature Flash.
Le 300ème numéro paraît en 1989, année qui verra Rail Miniature Flash assurer une émission régulière sur le modélisme ferroviaire sur Radio Solidarité et être invité à présider le colloque de Febelrail (l’équivalent belge de notre FFMF) réunissant constructeurs / importateurs, détaillants et amateurs. Encore la naissance d’une nouvelle rubrique, celle de l’échelle N, avec Antoine Bergot et François Weill.
1990, année charnière : les héros ont pris de l’âge et doivent songer à la relève. C’est ainsi que les Editions Weka (filiale française d’un important groupe allemand qui possède, entre autres, Miba, fameuse revue de modélisme ferroviaire d’outre-Rhin) prennent le contrôle de la Société des Editions Flash, qui fusionnera ensuite avec la Société nouvelle des publications MRA (également rachetée par les Editions Weka et éditrice des revues «Le Modèle Réduit d’Avion» et «Le Modèle Réduit de Bateau») pour constituer Weka Presse. Quoi de plus normal que de retrouver cette année Clive Lamming avec la rubrique «Chronique de la vieille tôle ordinaire et du plastique vétuste», qui elle aussi vient assurer une relève. celle de «L’Actualité sur les rayons du temps passé». Un nouveau sondage permet de faire un point d’autant plus précis que le nombre de réponses reçues dépasse de très loin les prévisions les plus optimistes, provoquant l’étonnement des spécialistes de ce genre d’opération. En Décembre, c’est avec beaucoup de regret que nous quittons la rue de Palestro, pour nous installer dans des locaux plus fonctionnels avec nos collègues de l’avion et du bateau.
La relève s’officialise dès le numéro de Janvier 1991 où, dans l’ours, Paul Stahl cède sa place de Directeur de la publication à Werner Mützel. Cette année est aussi marquée par l’édition de «La cote Rail Miniature Flash» de Clive Lamming, un ouvrage très attendu et inédit sur le marché français. Sa publication et la nouvelle rubrique «Vieille tôle» relance l’intérêt de nos

Cote RMF 1991 par Clive Lamming

«Petites annonces», dont l’efficacité, tant pour l’achat que pour la vente, en étonne plus d’un, nous mêmes les premiers !

Un sujet brûlant : les attelages

Dès son origine, RMF a fait campagne pour une normalisation des attelages. En effet, en 1962 le matériel roulant des deux plus grands producteurs européens Fleischmann et Märklin était équipé d’attelages totalement incompatibles entre eux. Plutôt que de militer pour un attelage unique européen à l’instar du NMRA américain, RMF a milité pour une normalisation de la boîte d’attelage, solution de sagesse qui fut en fait retenue par le MOROP et qui facilitera grandement la naissance des attelages à élongation si prisés aujourd’hui.

1992 – 2019 : l’époque contemporaine

C’est une belle histoire qui a duré 27 ans entre Jean-Pierre Laurent et cette revue traitant du modélisme ferroviaire à la française. Une passion qu’il a partagée des 1992 avec une belle équipe d’amateurs parfois débutants dans la presse, mais aussi chevronnés.
Les trois premières années ont été utiles à la remise à niveau des sujets abordés par le mensuel. De nouveaux thèmes font leurs apparitions avec une orientation plus variée et plus documentée comme le décor lié au ferroviaire, mais aussi touchant à la végétation naturelle. La grande nouveauté sera l’introduction des dossiers d’améliorations des locomotives vapeur avec Jean-Paul Geai et plus tard avec Eric Seibel magiciens de ces machines fumantes. Et puis, l’arrivée de Bernard Ciry sera un tournant décisif pour RMF avec tous ses articles sur les diesels et électriques réalisés avec un talent hors norme ! Son apport de compétences le destinera aussi à la présentation et aux tests en expert, des nouveautés du train miniature depuis plus de 25 ans ! Temps long aussi pour Jacques Poré, auteur de nombreux articles variés qui alimente la plus vieille rubrique régulière de RMF  : «Autos et camions». Comme quoi on ne parle pas uniquement de train dans notre chère revue !
De grands auteurs, comme Clive Lamming, viendra animer la rubrique qu’il a créée : «Réaliste, mais faisable» la transposition du réel à la miniature d’un site ou d’une gare, illustrée par les merveilleux dessins en 3D d’Henri Simoni.

Les années 1996 à 2010 seront les grandes années du passage régulier dans le mensuel des clubs ferroviaire français comme tout d’abord le club de Franche-Comté avec à la barre Jean Cuynet et son équipe. Des articles beaux et pratique, tels les réseaux dont celui de «La bosse», mais aussi une multitude de pépites sur le décor et le matériel roulant. De nombreux clubs de l’hexagone ont partagé leurs expériences et leurs talents pour le plus grand bonheur des lecteurs : Sedan, Besançon, Cherbourg, Le Havre, PK 60, Dieppe, Châtellerault, RMC 71 et bien d’autres encore !

Mais RMF, c’était aussi pendant ce grand quart de siècle de l’événementiel. Les expositions au CNIT et à la Porte de Versailles ont permis d’exposer sur notre stand chaque année, les beaux modèles réalisés pour la revue, mais aussi de créer des ateliers où des collaborateurs de la revue comme Guy Labbez nous émerveillait avec l’amélioration et la patine de locomotives électriques ou de matériel marchandises. Ce sera aussi Expométrique, puis Rail Expo, la manifestation nationale incontournable du train miniature, où le concours des plus beaux réseaux cogéré par RMF et TDS a permis de récompenser de nombreux modélistes talentueux.

Mais la modernité de notre revue a été aussi boostée par un tout jeune lycéen à la fin des années 1990 : Arnaud Guyon ! Ce jeune homme au fort potentiel avait permis la création réussie dès 1999, d’un site avant-gardiste sur internet. Le seul qui avait un forum fort apprécié pour les internautes de l’époque. Il fut aussi, l’organisateur à la Porte de Versailles en 2001 de la venue sur notre stand du grand Microsoft pour la sortie en France de son premier simulateur de train grand public : «Train Simulator», un grand moment pour RMF et pour ses gamers ! Sans oublier la 1ère retransmission par webcam de ce même stand et même à bord de la 140 C 231 de l’AJECTA !

En 2005, nouvelle présentation graphique du mensuel et nouvel arrivée d’auteurs, dont un certain Philippe Cousyn avec de nouvelles transpositions de sites réels en miniature…
En 2006, 25ème anniversaire de notre TGV, une grande manifestation est créée par la SNCF au Trocadéro à Paris pour fêter ça en grande pompe. RMF était de la partie, Arnaud et Bernard ont organisé et présenté un réseau où roulaient des TGV «préparés» pour battre le même record, mais en miniature, expérience réussie pour notre petite équipe !

À partir des années 2010, vont apparaître des nouveautés pratiques et originales : des planches de 16 pages de gabarits de voie du commerce. Travail réalisé avec soin et précision par Vincent Courtois, déjà auteur de très beaux plans de réseaux en couleur parus quelques années au paravent. Puis, Géry Nolan réalisera plus de 150 fiches de transposition de trains réels en compositions miniature du commerce, un best dans la revue. De son côté, Jean-Pierre Malaspina nous concoctera près de trente grands posters magnifiques de trains voyageurs réels illustrant leurs circulations sur chaque région SNCF aux époques III à V. C’est aussi la venue d’André Papazian avec sa rubrique «C’était hier» qui nous a permis de constater que le train français et européen est une bien longue histoire passionnante. Pratique et facile à faire a été le crédo de Jean-Paul Guimbert qui a fourni de nombreux articles sur le décor ferroviaire à la fois didactiques, ludiques et originaux : du bel ouvrage !

Pendant toutes ces années, RMF a voulu avec son rédacteur en chef lui aussi modéliste, essayer de donner l’envie de pratiquer avec plus de simplicité un modélisme certes dès fois un peu complexe et apporter des méthodes pratiques et simples pour mieux «jouer» à ce hobby attachant ! La retraite étant là, en juillet 2019, le flambeau est passé à Philippe Cousyn, déjà apprécié comme auteur dans la revue. Avec son équipe rajeunie et de nouvelles idées, Rail Miniature Flash est de nouveau sur de bons rails !#

Paul Stahl

Paul Stahl

Co-fondateur et rédacteur en chef de 1963 à 1991

Jean Pierre Laurent

Jean Pierre Laurent

Ancien rédacteur en chef (1992-2019), spécialité décor