Comment faire un quai voyageurs ancien avec passage planchéié ?

1-Un quai simple et beau à réaliser avec nos conseils.

Vous construisez votre premier réseau avec une gare et son quai. Dans le commerce spécialisé en décor ferroviaire, vous pouvez trouver des éléments en matière plastique, mais ils ne sont pas à la bonne taille, pas à la bonne géométrie ou vous avez envie de les faire vous-même. En suivant nos conseils ce désir deviendra une réalité gratifiante.

Vous avez réalisé probablement la structure de votre réseau en contreplaqué, alors nous allons créer vos quais dans ce matériau. Mais avant de continuer plus en avant dans cette hypothèse, voyons quelques règles à observer pour bien implanter de tels ouvrages dans une gare (voir figures 1, 2 et 3).

Quelques règles indispensables

Plusieurs contraintes sont à prendre en compte pour déterminer précisément l’importance et l’implantation des quais voyageurs :
– l’entraxe des voies et l’implantation en alignement ou dans une courbe,
– la hauteur de celui-ci (bas, mi-haut, haut).
Sur la figure 1, l’entraxe de la voie a été fixé à la norme NEM de 46 mm en H0. Il n’y a pas aujourd’hui d’appareil de voie permettant d’avoir directement cette valeur. Si vous voulez respecter cet entraxe, il faudra adapter par bricolage (c’est tout à fait possible) les aiguillages. La marque Peco s’approche au plus près de la norme avec un entraxe de 52 mm.
Point capital : la distance entre le bord du quai et celui du rail (EQ) : tout votre matériel doit passer sans accrocher ! Validez particulièrement le passage de vos locomotives à vapeur (au niveau des cylindres : 150 X, Y, Z, par exemple). Soyez encore plus vigilant si vos quais sont en courbe ! (X 2800, X 2400, voitures modernes, etc.).
Sur la figure 2, la hauteur des quais est déterminée par sa catégorie : bas, mi-haut et haut. Les cotes (pour le H0 et le N) sont indiquées du dessus du rail au dessus du quai. Il faudra tenir compte de la hauteur de la semelle qui tient lieu de ballast et de la hauteur du couple traverse-rail de la voie choisie.
La largeur communément appliquée pour le quai côté bâtiment voyageurs (BV), du droit de l’édifice au bord du quai (équipé ou non d’une marquise), est au minimum de 4,50 m soit 52 mm en H0, 28 mm en N (figure 3).
La largeur des quais (on disait autrefois trottoir) entre les voies est appropriée au mouvement des voyageurs et à l’importance du trafic. La largeur minimale est de 4 m, mais plus communément de 5,50 à 7,50 m, soit de 63 à 86 mm en H0, 25 à 47 mm en N.
Important : on place autant que possible les quais dans une position symétrique, c’est-à-dire le milieu correspondant à l’axe du bâtiment voyageurs. L’extrémité des quais est raccordée avec le niveau du ballast au moyen d’une inclinaison à 10 % sur une longueur de 2,50 m (cas pour un quai bas) (30 mm en H0 et 15 mm en N).
Les gares de petite ou moyenne importance comportaient de tels «passages à niveau» pour la traversée des voies de voyageurs. Cette traversée se trouvait face au BV et reliait le ou les quais et amenait à l’abri de quai. Une dépression était ménagée dans le quai pour accéder en douceur au niveau du rail. Cette traversée des voies était réalisée généralement avec des traverses en bois épais ou plus rarement pavées.

Et notre quai ?

Sur notre sol (support de réseau en contreplaqué de 10 mm d’épaisseur [photo 2]), nous allons construire nos quais en contreplaqué. Bien sûr, d’autres matériaux peuvent être utilisés (bois aggloméré, carton plume, polystyrène extrudé, etc.).
Déterminons les caractéristiques de notre quai. Nous sommes en H0 ; ceux qui ont choisi le N adapteront nos données en divisant grosso modo par deux, en tenant compte à cette échelle de l’épaisseur importante du couple traverse-rail de la marque choisie.
Les voies du commerce en H0 (Peco code 75, Roco code 83, Tillig code 83) ont une épaisseur de quatre millimètres. La Peco code 100 fait environ 4,5 mm, alors que la SMP ne fait que 3 mm de haut. Pour la semelle «ballast» vous avez le choix : 2 et 4 mm pour le liège (en rouleau pour le plus mince) et 2 (idem) à 4 mm, voire 5 mm pour le Depron (mousse synthétique dure). Ces matériaux sont disponibles en grande surface de bricolage. Bien sûr, vous pouvez acheter des semelles en liège façonnées spécialement pour notre hobby aux échelles H0 et N, chez les spécialistes de trains miniatures.
Avec ces caractéristiques dimensionnelles, on peut maintenant calculer la hauteur totale du quai et l’épaisseur de contreplaqué à employer. Avec une semelle de 2 mm et une voie de 4 mm d’épaisseur, c’est un quai de 10 mm de haut qui sera utilisé ; avec une semelle de 4 mm, c’est un quai en contreplaqué de 12 mm d’épaisseur à adopter (photo 3).
Vos quais découpés à la bonne taille et poncés peuvent être fixés sur le réseau à l’aide de vis.

Pour leur déco, deux solutions s’offrent à vous :
– vos quais sont très accessibles, au bord du réseau, par exemple. Les quais sont collés ou vissés définitivement et vous pouvez les décorer sur place ;
– vos quais sont difficiles d’accès et leur déco risque d’être une galère, voire impossible : vous validez leur mise en place en les vissant une première fois, puis vous les enlevez et les décorez à l’aise sur votre plan de travail. Vos quais seront fixés définitivement en place, une fois la déco terminée. Pour un petit diorama comme c’est le cas dans cet article, nous avons adopté pour les quais deux solutions (voir les photos).
Nous avons choisi de reproduire un traditionnel passage planchéié fait de bastings en bois assemblés par boulonnage. Comme dans la réalité nous devons modifier l’aspect du quai au droit de ces passages planchéiés.

Création d’un passage planchéié

De tels passages font de trois à quatre mètres de large dans la réalité. En H0, 40 mm nous semblent un bon compromis dimensionnel. La dépression ou «bateau» dans le quai occupe une place de 70 x 20 mm (photos 4 et 5). Tracez au crayon son encombrement et à l’aide d’un petit ciseau à bois bien affûté ou d’un cutter (attention aux lames qui cassent), entamez prudemment la surface du contreplaqué (photos 4 et 5). La dépression bien dégrossie, une lime à bois assure la planéité de sa surface (photo 6).
Les accès aux passages planchéiés sont prêts, passons à la pose de la voie. La plateforme qui supporte la voie est réalisée en liège de 2 mm d’épaisseur. La voie est posée avec un entraxe de 46 mm (photo 7). La distance qui sépare les deux quais est de 90 mm (96 mm si entraxe de 52 mm). Pendant la fixation (ici, par collage à la Néoprène) le positionnement de la voie est contrôlé et validé par un petit gabarit réalisé dans un simple carton dur (photo 8). Un essai à blanc avec des éléments du commerce (passage planchéié de MKD) permet de mieux visualiser le travail à venir (photo 9). Pour ceux qui renonceront à la construction par eux-mêmes des passages en vrai bois, la référence 521 du fabricant (après ponçage des têtes de boulons et de la surface du bois un peu trop présente), peut convenir visuellement après une bonne peinture-patine.

Un passage planchéié en bois

Nous allons utiliser du peuplier ou du balsa, deux bois faciles à trouver en planche chez certains détaillants en modélisme ou encore par correspondance. Pour les plus débrouillards, certains produits alimentaires sont (encore) conditionnés avec de la feuille de peuplier (barquette, boîte, etc.). Découpez dans votre matériau choisi une bande de 40 mm de large et dans la mesure du possible de 2 mm d’épaisseur qui correspond à celle du basting dans la réalité. La gravure des bastings est effectuée avec une pointe à tracer dans le peuplier ou avec une mine de crayon dur (H3) sur le balsa (photo 10). Nous avons gravé deux à trois bastings sur chaque rangée de la traversée (photo 11).

Les revêtements des quais

Ils sont essentiellement réalisés en béton, en bitume, en sable compacté et dans certains cas en carrelage au droit du BV et des abris (région Est et Nord, en particulier). Nous avons choisi la pose en «sable compacté» sur notre maquette. Dans la réalité, des pierres massives bordent les quais sur un à deux mètres de long. Sur notre maquette, elles sont réalisées dans un papier technique à grain, coupées en bandes de 4 mm de côté.
Préparez la mise en place du revêtement sableux en protégeant la surface de la future bordure par un adhésif du genre Tesa crêpe (photos 12 et 13). La même protection est posée au niveau des bâtiments (photo 14). Appliquez au pinceau de la colle vinylique sur toute la surface du quai (photo 15). Déposez une fine couche de sable coloré immédiatement sur l’adhésif (photo 16). Ce n’est pas tout à fait fini. De la colle très liquide est maintenant déposée sur cette surface sablée (photo 17). Cinq minutes plus tard, enlevez impérativement les adhésifs qui ne sont là que pour délimiter les surfaces à encoller (photos 18 et 19). Les bordures de quai sont réalisées à partir de papier Canson grain «C» ou «Arches» de 185 à 300 g. Tracez des parallèles espacées de 4 mm, largeur de la bordure. Tous les 12 mm (un mètre environ dans la réalité), tracez à la pointe à tracer les joints des pierres (photo 20). Coupez des bandes de 8 mm (comprenant dessus et côté de la pierre) et pliez-les en leur milieu (photo 21). Avant de mettre en place les bandes, peindre le côté du quai couleur beige clair (enduit à la chaux) ou gris clair (béton) (photo 22). La bordure est posée à blanc pour l’adapter au niveau de la dépression du passage planchéié et ajustée par recoupe du papier (photo 23). Elle est collée cette fois définitivement. Le plancher reçoit une couche de peinture Humbrol marron (HB 29) légèrement diluée (photo 24).
Après son séchage, le plancher est mis en place par collage avec un petit ajustage au niveau des planchers touchant la bordure du quai (photo 25). Une petite patine avec des peintures Humbrol est appliquée sur la voie et le passage planchéié (photo 26). Le ballast est mis classiquement en place sur la voie au moyen d’un pinceau brosse et noyé à la colle vinylique liquide (photo 27). Une petite patine des quais peut être réalisée avec l’application d’une terre à décor couleur gris clair et du noir carbone est balayé sur les planches du passage planchéié (photo 28). #

Infos Mat.

Pour le quai :
– Avec une semelle de 2 mm et une voie de 4 mm d’épaisseur, c’est un quai de 10 mm de haut qui sera utilisé ; avec une semelle de 4 mm, c’est un quai en contreplaqué de 12 mm d’épaisseur
– liège de 2 mm d’épaisseur
– papier Canson grain «C» ou «Arches» de 185 à 300 g (disponibles en pochette A4 ou A3 en «grande surface» ou bien en feuille de 50 x 65 cm dans les magasins spécialisés arts graphiques)
– peinture beige clair (enduit à la chaux) ou gris clair (béton)
– sable compacté coloré
– cutter ou ciseaux à bois
– lime
– colle vinylique et / ou vis à bois
– adhésif type Tesa crêpé
– si patine, terre à décor couleur gris clair

Pour le passage planchéié :
– petite planche de Balsa ou Peuplier
– peinture Humbrol marron (HB 29) et blanche (HB 34)
– point à tracer ou mine de crayon dur (H3)
– si patine, terre à décor noir carbone

Jean Pierre Laurent

Jean Pierre Laurent

Ancien rédacteur en chef (1992-2019), spécialité décor