Comment faire l’eau d’une rivière de plaine ?

Une végétation aquatique s’est développée au pied de la berge naturelle. A noter la risée à la surface de l’eau.

Sur un réseau ferroviaire, la présence d’ouvrages d’art suppose bien souvent, le franchissement d’un cours d’eau. Par conséquent, ce cours d’eau, il faut le réaliser et le réussir. C’est ce que nous proposons ci-après.

Le réel : les caractéristiques du cours d’eau

C ontrairement aux eaux «vives » de la rivière de montagne (photo 2), il coule une eau dite «tranquille» car la déclivité de son cours est faible du fait d’un relief environnemental peu élevé (photo 4).
Ce cours d’eau est relativement profond, d’où une opacité de ses eaux. Sa surface, sauf en période de crues, est très légèrement ondulée par le vent (photo 5). Sa couleur varie selon les saisons, passant du vert frais au printemps, au vert sombre l’été (photo 6) ou au vert-gris un jour d’orage au mois d’août, à l’ocre jaune en période de crue hivernale (photos 7). Il supporte des chemins de halage qui ne sont plus utilisés depuis des lustres et qui font le bonheur d’une végétation arbustive envahissante mais bien intéressante pour la faune et les… randonneurs ! Les vagues au passage des péniches et des trains de barges, mais aussi la prolifération des rats d’eau (qui creusent de multiples galeries), fragilisent les berges qui ne sont plus entretenues. Leurs bords s’affaissent de part en part tout au long du cours d’eau. Il faudra en tenir compte dans votre imitation en miniature.
A l’approche des grandes villes, certaines industries ou certains silos à grain s’installent près des cours d’eau pour profiter du transport fluvial relativement bon marché pour le transport de masse (photo 8). Les berges sont donc aménagées à l’instar des ports maritimes. Des palplanches métalliques sont posées en force et maintenues à leur partie supérieure, par un faîte en béton armé (photo 9). Certaines villes ont fait la même démarche pour créer un accès aisé pour la navigation de plaisance (photos 10 et 11).

Préparation du lit de la rivière

Pour reproduire le lit et les berges de la rivière en modélisme voici la marche à suivre :
– délimiter l’importance dimensionnelle du cours d’eau sur votre réseau construit (photo 12), construire une base (lit) solide en contreplaqué où viendront s’appuyer les deux berges du même bois (photo 13),
– recouvrir le lit et les berges de bandes plâtrées pour accueillir sa décoration et son étanchéité dans le cas de l’utilisation de polystyrène extrudé comme matériau pour réaliser le relief (photos 14 et 15),
– façonner au plâtre à modeler le lit de la rivière sur quelques millimètres d’épaisseur en lui donnant une légère pente des rives vers son centre,
– construire de même vos berges qui auront un tracé de leurs bords irrégulier et non rectiligne comme un canal ! (photo 16),
– dans le cas d’une petite rivière, appliquez de petits cailloux plats avant séchage du plâtre, sinon il faudra les coller à la vinylique,
– la hauteur des berges peut varier au gré du vallonnement du relief environnant et il est bon de le reproduire,
– pour en terminer avec le gros oeuvre, plantez vos arbres en bordure de la rivière et installez éventuellement un petit ponton pour le confort des pêcheurs ou pour amarrer leurs barques. Quant à la décoration elle peut être la suivante :
– le lit de la rivière étant réalisé en plâtre, l’emploi de la peinture acrylique est particulièrement adapté,
– les teintes marron et dérivées de vert, sont de mise (photos 18 et 19),
– appliquez avec un gros pinceau votre mélange (terre de sienne, ombre naturelle et vert de chrome, par exemple.) sur le fond en éclaircissant la teinte en arrivant aux berges, les cailloux (photo 20), les berges et le bas des éventuels poteaux de ponton.
– de la terre à décor peut aussi en complément donner un plus à votre «déco». La préparation du lit de la rivière est terminée, passons à la confection de l’eau.

La rivière de plaine : un beau sujet alliant un ouvrage d’art à vocation ferroviaire et un décor naturel à traiter avec soin.

Mise en oeuvre de «l’eau»

L’eau de la rivière de plaine est réalisée au moins en deux couches de Heiki Aqua totalisant au plus 5 à 6 mm d’épaisseur en H0. La première couche (photos 21 et 22) est teintée avec quelques gouttes d’Humbrol vert pré mat 80 et d’un peu de jaune HB 24 et coulée sur 2 à 3 mm d’épaisseur. Après son séchage complet (12 heures à 20°), une deuxième couche peut être utile, si vous n’êtes pas satisfait de l’aspect de cette première coulée (couleur, densité). Elle devra être de faible épaisseur (photo 23). On peut aussi réaliser des effets (courant, feuilles d’arbres à la surface) en rajoutant des microgouttes de peinture Humbrol dans la résine et en les mélangeant le moins possible. Quand cette dernière coulée donne des signes de durcissement, vous pouvez à ce moment ajouter et coller :
– les troncs d’arbres morts,
– les plantes aquatiques (nénuphars (photo 24), algues, etc.,
– les barques,
– les éventuels gros poissons, oiseaux…
La dernière couche fine (elle aussi) cette fois transparente, est coulée…
Avant sa prise définitive (il faudra surveiller le moment), et à l’aide du souffle chaud d’un sèche-cheveux, imitez «la risée», sorte de petites vaguelettes à la surface de l’eau (photo 25).
Après durcissement de la résine, il y aura lieu de reprendre éventuellement à la peinture la teinte du bas de la berge en contact avec la résine ; le résultat de sa jonction avec la berge n’étant pas toujours réaliste.#

Le «set» Heki Aqua réf. 3550. Remarquez, la notice en plusieurs langues (dont le français), les gants (bonne initiative) et le sachet de poudre blanche (non, ce n’est pas ce que vous pensez !) qui permet d’épaissir la résine.

D’un aspect comparable au Realistic Water de Woodland Scenics, la mise en oeuvre du Heiki Aqua est différente. Il est conditionné  dans deux flacons séparés : la résine (400 g) et le durcisseur (200 g). Le mélange se réalise dans un rapport de 1 pour 2, c’est-à-dire de deux parts de résine pour une part de durcisseur. Le temps de traitement est d’une trentaine de minutes à température ambiante (20°). On peut couler jusqu’à 30 mm d’épaisseur en une seule fois ! Vous aurez rarement l’occasion de le faire en modélisme ferroviaire.

En plus, vous trouvez dans la référence 3550, une notice en français, des gants (très sympa !) et un sachet de poudre blanche (épaississant) qui vous permet d’épaissir votre résine et de reproduire l’écume de l’eau en agitation, voire des dénivelés. Si «l’épaississant » vient à vous manquer, le fabricant vous propose ce produit en pot de 400 ml sous la référence 3555.

Le Heki Aqua se colore bien avec les peintures Humbrol et a les mêmes qualités de mise en oeuvre que son homologue américain. Les produits Woodland et Heki sont innovants et faciles à mettre en oeuvre. Nous vous les recommandons.

25 - Après la mise en place de la dernière couche de résine Heki, lors de sa prise en surface (à surveiller) imitez la risée à la surface de l’eau avec la chaleur d’un décapeur thermique ou d’un sèche-cheveux.

25 – Après la mise en place de la dernière couche de résine Heki, lors de sa prise en surface (à surveiller) imitez la risée à la surface de l’eau avec la chaleur d’un décapeur thermique ou d’un sèche-cheveux.

Infos Mat.

Pour le lit et la berge :
– contreplaqué
– polystyrène extrudé
– plâtre à modeler
– petits cailloux
– peinture acrylique marron et dérivé de vert
– terre à décor

Pour l’eau :
– Heiki Aqua réf. 3550
– Peinture Humbrol vert pré mat n°80 et jaune n°24 ou équivalent

Jean Pierre Laurent

Jean Pierre Laurent

Ancien rédacteur en chef (1992-2019), spécialité décor

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